Club d’Entreprises FACE Pyrénées-atlantiques

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Gilles BICAIS,

DRH Sobegi

Président de FACE Pyrénées-atlantiques

Le mot du Président

gilles bicais

Depuis de très nombreuses années, je lis, j'entends, je vois jour après jour que des personnes vivant dans le même pays, la France, soumises aux mêmes lois et aux mêmes devoirs que moi sont écartées, pour des raisons inavouables, d'un constituant essentiel de la dignité humaine : le droit de travailler, basiquement de « gagner sa vie ».

Confronté à ce constat quotidien, j'ai tout d'abord réagi en me disant que la solution à ce problème était politique et donc de la responsabilité des hommes politiques. La vie aidant, ma position a changé. Ma rencontre en 2006 avec le club FACE PYRENEES ATLANTIQUES a fini de me convaincre que j'avais, en tant que citoyen et cadre d'entreprise, un rôle modeste mais important à jouer : aider de façon concrète et immédiate ceux que le marché du travail rejette; modifier le regard que mon entourage professionnel porte sur ces personnes; faire évoluer les automatismes de pensée, le langage et les pratiques.

A la réflexion les motivations de mon engagement dans la lutte contre les discriminations soutenue par FACE sont multiples. Je les classe dans trois Ordres : celui de la raison, le juridique et enfin celui de la morale.

Commençons par l'Ordre de la raison.

En qualité de Responsable des Ressources Humaines ma mission consiste à hisser au plus haut niveau possible les compétences individuelles et collectives nécessaires au développement de l'entreprise.

Quel piètre gestionnaire je serai si je privais la société des talents dont elle a besoin, sous prétexte que celle ou celui qui en est doué habite un quartier à la réputation douteuse ou est une femme ou est noir ou arabe, vieux, jeune, musulman ou catholique, hétéro ou homosexuel ou bien encore handicapé....

Mon patron qui est un homme de raison soucieux des performances, du respect des valeurs affirmées et donc de l’éthique de notre société, me renverrait bientôt dans mes foyers en même temps qu'à mes chères études.

Raisonnablement qui pourrait le lui reprocher?

L'Ordre juridique regroupe quant à lui des motivations que chaque citoyen et singulièrement chaque dirigeant d’entreprise devraient observer avec attention. Car il s'agit ici de la loi et donc des sanctions qui s'appliquent lorsqu'elle n'est pas respectée.

D'autant plus que les textes sont nombreux en la matière : convention européenne des Droits de l'Homme, convention de l'Organisation Internationale du Travail, articles du Code Pénal et du Code du Travail.

Je serai donc bien imprudent d'exposer la société qui m'emploie à devoir se défendre devant les Prud'hommes ou d'autres juridictions compétente par sexisme,racisme, ostracisme divers Bien plus imprudent encore d'encourir moi-même des peines d'amendes ou de prison.

Nul n'est censé ignorer la loi. Etant légaliste je m'efforce de l'appliquer dans la limite de ce que ma morale me permet d'accepter.

J'en viens donc à l'Ordre de la Morale qui définit ce qui est pour moi le bien et le mal, ce qui m'est permis et ce qui m'est interdit ; bref ce qui est mon Devoir.

Ici sans doute je dois aller chercher assez loin dans le temps tout ce qui constitue ma personnalité d'aujourd'hui. : l'éducation reçue qui a toujours accordé une large part aux valeurs humanistes et chrétiennes, les rencontres très nombreuses aux quatre coins du monde, les expériences humaines très diverses, quelques fois heureuses et d'autre fois douloureuses.

Le résultats de tout ceci : une horreur épidermique de l'injustice, la certitude bien ancrée que l'on trouve en égale proportion des gens bien et des salauds, des imbéciles et des intelligents sous tous les cieux de notre belle planète.

Voici expliqué en quelques lignes les motivations de mon engagement dans FACE et particulièrement dans les actions tournées vers l’égalité de traitement. Avec ma manie du rangement je les classées dans trois « tiroirs ».

Celui qui prime, qui pour moi contient celles qui sont fondatrices de mon implication, est sans aucun doute celui de la morale.

Sans morale, sans le « Cœur » la loi seule ne vaut pas grand - chose et la raison exercée sans borne peut devenir un outil dangereux.

Soyons heureux et prenons en toute humilité le risque de contredire Pascal : « quelques fois le cœur a ses raisons que la raison a aussi ».

Le 26 août 1789 les représentants du peuple français constitués en Assemblée Nationale ont déclaré les droits de l'homme et du citoyen : « article 1 : les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit... »

Plus de deux siècles se sont écoulés depuis. Beaucoup a été fait, énormément reste à faire.

Ce constat est sans doute le plus efficace des aiguillons qui nous incite à poursuivre l’action et intensifier notre engagement.

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